Code de la sécurité routière
Changements apportés avec l'adoption de la Loi 71


Le 10 décembre 2010 était adoptée la Loi 71 modifiant le Code de la sécurité routière du Québec. Les mesures les plus médiatisées proposées par ce projet de loi — soit l’abaissement du taux maximal d’alcoolémie au volant à ,05 et l’imposition du port du casque chez les enfants de moins de 12 ans —, n’ont pas été retenues dans cette mouture du Code. Que reste-t-il donc, en particulier pour les cyclistes? Pas de révolution, mais quelques ajouts ou modifications tenant compte davantage de la réalité et de l’usage actuel. Ces mesures figuraient d’ailleurs parmi différentes idées avancées par Vélo Québec lors de la préparation du projet de loi 71. Elles sont maintenant en vigueur.

Réflecteurs
Au Québec, les réflecteurs sont obligatoires sur les vélos depuis plus de 30 ans. Pour se conformer à la pratique des fabricants qui équipent souvent les vélos de réflecteurs de roues blancs, la couleur des réflecteurs de roues prescrite jusqu’à maintenant (jaune ou rouge) a été éliminée. Aussi, si un objet est placé sur le vélo et fait obstruction à un réflecteur (panier, sacoche, porte-bébé, etc.) cet objet doit être muni de bandes réfléchissantes.

Usage des pistes cyclables
Jusqu’avant cette révision du Code, le cycliste devait emprunter la piste cyclable si le chemin public où il circulait en comportait une. Cette obligation est maintenant éliminée, ce qui peut réduire les contraintes, notamment quand les pistes cyclables ne sont pas conçues pour donner un accès direct et fluide à certaines destinations. Cette nouvelle disposition devrait avoir peu d’effet sur l’usage des voies cyclables si celles-ci sont attrayantes, efficaces et sécuritaires. Cette mesure sera particulièrement appréciée des cyclosportifs qui, lors d’une sortie, croisaient une piste cyclable sur quelques centaines de mètres et poursuivait leur chemin sur la route au lieu d’emprunter la piste dans l’illégalité.

Double sens à vélo (à l’intention des municipalités)
Il s’agit ici d’une mesure visant à autoriser les cyclistes à emprunter une rue à sens unique dans les deux directions. Le Code parle de « contresens ». Nous préférons double sens cyclable, comme le disent nos cousins français. Par ce type d’intervention et à certaines conditions assez précises (faible débit automobile, faibles vitesses, peu de mouvements de véhicules), les cyclistes peuvent circuler dans les deux directions sur une rue dite à sens unique. Cette mesure peut être assurée simplement par une signalisation. Elle ne se limite donc pas uniquement aux bandes cyclables à contresens. Cela peut s’appliquer sur une chaussée désignée ou une rue sans appellation particulière, avec l’installation d’un panonceau « sauf vélo » sous l’interdiction d’emprunter la rue dans le sens inverse du sens unique autorisé. Les doubles sens cyclables (avec marquage cependant) ont été implantés avec succès aux environs de l’Université McGill, à Montréal. C’est avec la nouvelle disposition du Code que la Ville de Québec aménagera le vélo boulevard Père-Marquette, à l’instar des villes de Portland (OR) et Vancouver. Il revient donc aux municipalités d’implanter cette mesure sur leur territoire.