Expo photo

Découvrez l'oeuvre de Marc Lépine

Octobre 2014
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« J'ai été graphiste pendant plus de vingt-cinq ans chez Desjardins, à Lévis. Je réussissais à faire quelques illustrations dans le cadre de mon travail. Mais comme j'aimais dessiner, je trouvais souvent des prétextes pour illustrer autour de chez moi. Il y a une trentaine d'années, j'ai découvert, en vacances dans le Maine, le livre d'un illustrateur américain, Earl Thollander, qui se promenait partout aux États-Unis en dessinant les gens, les paysages, le tout agrémenté de commentaires. Je suis entré en contact avec lui, nous nous sommes écrit à quelques reprises et j'ai décidé de suivre sa démarche.

Lorsque j'ai pris ma retraite, j'avais enfin le temps de dessiner. J'ai découvert les illustrateurs français qui éditaient des carnets de voyage. J'ai bien vu qu'il ne suffisait que d'apporter des carnets, de l'aquarelle et des pinceaux. C'est facile à traîner. L'aquarelle est une approche minimaliste; c'était celle des premiers explorateurs de l'Amérique.

Près de chez moi ou en voyage, j'illustre ce que je vois, ce qui me surprend. Je peux remplir un carnet complet de plus de cinquante pages, en utiliser un autre. Illustrer dépasse tellement la photo. On digère, on assimile le sujet en le traçant. Rapidement, je m'attache à ce carnet. Perdre mon passeport ou mon porte-monnaie semble bien peu à côté de la perte de ces carnets...

Et je dessine, je dessine, je dessine. Les gens qui m'accompagnent me trouvent parfois absent. C'est tout simplement parce que je dessine dans ma tête sans arrêt. Tous ces kilomètres de conduite, je les couche sur papier à mon arrivée.

Une photo prise en un soixantième de seconde n'arrive jamais à la hauteur d'une illustration assimilée, digérée pendant une heure ou deux... du moins pour moi...

À vélo, je traîne souvent avec moi, mon matériel d'artiste. Le rythme est lent, on voit mieux les paysages, la lumière changeante. Comme je le dis souvent, je suis un cycliste contemplatif depuis plus de cinquante ans. Un peu ennuyant pour les sportifs que je laisse filer devant moi... J'arrive fièrement le dernier, mais le carnet rempli de dessins... »