Vélo Québec quitte la Table québécoise de la sécurité routière…

À Vélo Québec, nous éprouvons un profond malaise à la suite de la publication, le 16 octobre dernier, dans les pages du quotidien La Presse, de la volonté du ministère des Transports et de la Société de l’assurance automobile à légiférer pour rendre obligatoire le port du casque chez les jeunes cyclistes.

Comme nous avons pu le faire valoir à plusieurs reprises lors des rencontres du Groupe de travail sur les transports actifs et alternatifs de la Table québécoise de la sécurité routière, la position de Vélo Québec est claire : nous favorisons le port du casque chez les cyclistes, mais nous croyons que l’avenue législative ou réglementaire est mauvaise. Notre position s’appuie sur le fait qu’une telle loi sera pratiquement inapplicable, les services de police manquant déjà d’effectifs. Elle s’appuie aussi sur le fait que, dans les provinces canadiennes et les pays qui ont imposé le port du casque, la loi a eu un effet clairement dissuasif chez les jeunes et leurs parents, entraînant une baisse de la pratique cycliste. Quand on sait la difficulté de faire bouger les jeunes, il y a de quoi s’inquiéter. Il est également inquiétant que le gouvernement ne se prononce pas sur des mesures plus prometteuses qui, elles, ont fait l’objet d’un consensus au sein du Groupe de travail sur les transports actifs et alternatifs : la modération de la circulation ou les politiques novatrices comme le « Code de la rue » adopté en France, en Belgique et en Suisse, par exemple.

La question du port obligatoire du casque a été abordée en 2009 lors de travaux du Groupe de travail sur les transports actifs et alternatifs. Elle n’a fait l’objet d’aucun consensus. Par ailleurs, à la récente séance de lecture du deuxième rapport de la Table québécoise de la sécurité routière, le 1er octobre dernier, cette question ne faisait l’objet d’aucune recommandation. Pour ces raisons, nous sommes dorénavant forcés de nous poser de sérieuses questions sur la crédibilité de la Table québécoise de la sécurité routière. Nous y siégeons depuis sa création, en 2005. Nous avons en outre participé aux travaux du Sous-groupe de travail sur les usagers vulnérables, qui a cessé ses activités au printemps 2007, et à ceux du Groupe de travail sur les transports actifs et alternatifs, qui lui a succédé au printemps 2008. Nous y avons investi beaucoup de temps et d’énergie et avons tenté d’insuffler une nouvelle vision du transport à vélo. La tournure des événements nous fait craindre que ce soit en vain.

Pour ces raisons, nous suspendons notre participation aux travaux de la Table québécoise de la sécurité routière et de ses groupes de travail jusqu’à ce que nous ayons obtenu des réponses satisfaisantes à nos questions de la part de la ministre des Transports, Mme Julie Boulet.

Pour en savoir davantage:
Le dossier du casque »»