La sécurité à vélo
Sécurité des cyclistes
Nos recommandations au groupe de travail sur les transports actif et alternatif qui se sont déroulés au cours de 2008. Une première rencontre sur la question des cyclistes s’est déroulée à Lévis le 23 octobre 2008.
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Rouler à vélo est enivrant mais parfois, dans l’excitation du moment, nous oublions que nous ne sommes pas seuls sur la route.

Code d’éthique du cycliste

Le partage de la route avec les piétons, les autres cyclistes et les automobilistes est incontournable : c’est une question de respect. Il sera toujours difficile d’invoquer le manque de respect des automobilistes à notre égard si nous ne faisons pas notre part envers les autres usagers de la route.
  • Faut-il vraiment rappeler qu’il est interdit de rouler sur les trottoirs ? Ils sont réservés aux piétons. Mais nous apportons ici un bémol : à notre avis, pour des questions de sécurité, les enfants de 8 ans et moins peuvent rouler à vélo sur le trottoir à une vitesse raisonnable (10 km/h). Les parents qui les accompagnent devraient rouler sur la chaussée à une vitesse similaire. Deuxième bémol : il peut être indiqué, également pour des questions de sécurité, de rouler momentanément sur le trottoir lorsqu’on se retrouve en zone vraiment inhospitalière pour les cyclistes. Mais la meilleure recommandation que nous pouvons vous faire est de choisir un itinéraire sur des rues tranquilles et où vous vous sentirez à l’aise, quitte à faire un petit détour pour éviter un boulevard ou un carrefour dangereux.
  • Si vous roulez dans une zone partagée avec les piétons, adaptez votre vitesse au rythme des plus lents, soit les piétons. Il est extrêmement désagréable, voire dangereux pour un piéton de se faire frôler par un cycliste qui zigzague à vive allure. Le principal reproche que nous font les piétons est d’utiliser l’espace qui leur est réservé. Faites un effort et, si vous devez utiliser une piste partagée avec les piétons, mettez-vous à leur place et ralentissez la cadence.
Cyclistes, soyez prévisibles et visibles

Prévisibles...
  • Le Code de la sécurité routière s’adresse à tous les usagers de la route : piétons, cyclistes et automobilistes. Ce n’est pas parce qu’on roule sans permis que tout est permis ! Effectuer son arrêt au feu rouge est à peu près le meilleur conseil de sécurité que nous pouvons vous donner... et c’est obligatoire ! Un feu rouge est un feu rouge pour tout le monde.
  • Les cyclistes doivent toujours rouler dans le sens de la circulation. Si on suggère aux piétons de marcher face au trafic, c’est tout à fait déconseillé pour les cyclistes. Cette consigne est d’autant plus importante sur une rue à double sens. En effet, il est assez dangereux d’arriver face à face avec un cycliste qui roule en sens inverse, alors qu’on dispose de peu d’espace entre les voitures qui circulent et les voitures stationnées. Nous apportons ici un autre bémol : à Montréal, des bandes cyclables qui empruntent des sens uniques à l’envers voient le jour peu à peu. Ce nouveau type d’aménagement, très fréquent en Europe, est peu connu au Québec. Ces bandes cyclables sont situées sur des rues à sens unique, tranquilles, et permettent au moyen d’un marquage au sol de diriger et diviser les cyclistes et automobilistes. Suivez la flèche de direction pour vous placer du bon côté de la rue.
  • Les cyclistes doivent emprunter les voies cyclables lorsqu’il y en a : c’est le Code de la sécurité routière qui le prescrit.
  • Connaissez–vous vos signaux ? Effectués avec le bras gauche (virage à gauche, arrêt) ou le bras droit (virage à droite), ils vous permettent d’indiquer aux usagers de la route qui vous suivent ce que vous allez faire. En somme, ce sont les clignotants des cyclistes ! Si nous aimons que l’automobiliste devant nous signale ses intentions, nous apprécions tout autant que les cyclistes les indiquent aussi. Logique, non ?

Et visibles...
  • Être visible est l’une des premières consignes de sécurité. Le Code de la sécurité routière précise que les vélos doivent être équipés des réflecteurs suivants : un blanc à l’avant, un rouge à l’arrière, un jaune dans la roue avant, un rouge dans la roue arrière et des jaunes de chaque côté (avant et arrière) des pédales. À l’achat, vous devriez retrouver cet équipement obligatoire sur votre vélo, mais encore trop de manufacturiers et de marchands vendent des vélos non équipés ou équipés de réflecteurs de la mauvaise couleur. Imaginez : achèteriez-vous une voiture dont les phares seraient optionnels ? Exigez les réflecteurs à l’achat, il y va de votre sécurité.
  • Si vous roulez le soir (comme c’est très fréquent à l’automne), vous devez posséder un éclairage actif sur votre bicyclette, soit un feu blanc à l’avant et un feu rouge à l’arrière. Au Québec, seulement 12 % des cyclistes roulent avec un éclairage actif le soir, alors que c’est obligatoire... et drôlement utile. Saviez-vous que 29 % des accidents de vélo ont lieu le soir, alors que cette période de la journée représente seulement 2 % des kilomètres parcourus ? Les accidents survenus en soirée sont donc surreprésentés. Vu cette statistique, nous vous incitons donc à munir votre vélo de l’éclairage approprié : les magasins de vélos regorgent d’ailleurs de lumières de toutes sortes, à prix abordable. Vous n’avez vraiment plus d’excuse !

Accidents de vélo et conseils
Beaucoup de cyclistes ont peur de faire du vélo en ville, car le trafic les effraie. Votre inconfort sur la route est justifié, mais il faut aussi remettre les choses en perspective. Au Québec, lorsqu’on regarde les statistiques d’accidents de la route compilées par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), les cyclistes ont le meilleur bilan routier. Tout d’abord, ce sont les seuls à avoir amélioré leur bilan en 2005 (par rapport à la moyenne des 5 années précédentes). De plus, si on compare les cyclistes aux autres usagers de la route, les cyclistes sont victimes d’accidents graves et mortels 3 fois moins souvent que les piétons et 23 fois moins souvent que les automobilistes. Ces statistiques peuvent vous encourager à utiliser votre vélo en ville... mais pas à relâcher votre vigilance !

La prévoyance étant importante à vélo, voici les accidents les plus fréquents qui impliquent des cyclistes :
  • Prenons le cas classique de la portière qui s’ouvre de façon inattendue devant le cycliste. Comment prévenir cet accident ? Tout d’abord, il est de la responsabilité de l’automobiliste de regarder avant d’ouvrir sa portière pour s’assurer que la voie est libre : cela est indiqué dans le Code de la sécurité routière. Par ailleurs, nous suggérons aux cyclistes de rouler à un mètre de distance des voitures stationnées afin de se donner assez d’espace pour manœuvrer au cas où une portière s’ouvrirait soudainement. Ne cherchez pas à rouler dans les espaces laissés vacants par des voitures : en adoptant une conduite régulière le long des voitures stationnées, vous ne surprendrez pas les automobilistes. De plus, vous développerez, avec le temps, une sorte de vigilance qui vous fera repérer les automobilistes encore au volant de leur voiture stationnée. Méfiez-vous de ces derniers et ralentissez lorsque vous passez à côté. Il est également plus facile d’esquiver une portière qui s’ouvre si on roule à une vitesse normale pour la ville (entre 15 et 20 km/h) plutôt qu’à vive allure. Les déplacements urbains et ceux en rase campagne ne commandent pas le même genre de comportement.
  • Vous êtes à un carrefour et vous souhaitez continuer tout droit. Un automobiliste veut tourner à droite : il ne vous laisse pas la priorité, tourne et vous frappe. Vous aviez priorité sur l’automobiliste parce vous continuiez tout droit et pas lui. Lorsque vous croisez un carrefour, assurez-vous que l’automobiliste qui est derrière vous vous a vu. Lorsque vous arrêtez à une intersection, faites votre arrêt (s’il y a lieu) à droite de l’auto et légèrement devant, sans empiéter sur le passage piéton. Ainsi, lorsque le feu passera au vert, l’automobiliste ne pourra pas vous manquer et il tournera derrière vous. La question du virage à droite sur feu rouge pour les automobilistes est venue compliquer la vie des cyclistes. S’il est interdit sur l’île de Montréal, il est permis ailleurs au Québec, ce qui demande une vigilance accrue.
  • Un conseil : lorsque vous désirez dépasser un cycliste ou une voiture stationnée en double, regardez vers l’arrière pour voir si une auto ou un vélo arrive derrière vous. Développer le réflexe de regarder vers l’arrière régulièrement pourrait vous éviter des accidents. Deuxième conseil : le contact visuel. Lorsque vous traversez une rue, cherchez le regard de l’automobiliste afin d’établir un contact visuel. Ce contact vous assurera que ce dernier vous a vu et (en principe) respecte votre priorité. Ce regard pourrait faire la différence entre un automobiliste pressé qui ne vous a pas vu et traverse et un autre qui ralentit parce qu’il a pris conscience que vous étiez là.

L’équipement sécuritaire
  • Les réflecteurs et l’éclairage : obligatoires et indispensables pour rouler en toute sécurité et s’assurer d’être bien visible.
  • Le casque : lorsque vous choisissez un casque, vérifiez s’il est bien ajusté à votre tête. Le choix du casque est très important, alors prenez le temps qu’il faut. Lorsque vous portez un casque, la sangle doit être bien ajustée sous le menton. Un casque mal ajusté ou non attaché n’est d’aucune utilité en cas d’accident. Malheureusement, nous constatons qu’environ la moitié des cyclistes ne portent pas bien leur casque. Prenez soin d’ajuster les sangles et surtout de les réajuster fréquemment. Si le casque est utile pour diminuer l’impact d’une blessure à la tête, il ne prévient pas les accidents. Nous le mentionnons car encore trop de cyclistes se pensent invincibles avec un casque sur la tête. Le casque est un équipement de protection, mais rappelons qu’il ne protège que le dessus de la tête. De plus, il est conçu pour des impacts de 20 km/h et moins, ce qui veut dire qu’il est surtout utile en cas de chute ou lors d’une collision avec un autre cycliste.
  • Le miroir : un accessoire pratique qui vous évite de regarder vers l’arrière pour savoir si une voiture ou un cycliste arrive derrière vous. Il est particulièrement utile en ville, où la densité de la circulation vous demande une attention de tous les instants, et lorsque vous roulez avec des enfants, pour voir s’ils suivent bien et s’ils roulent à la file. Vous pouvez utiliser un miroir qui s’accroche au guidon ou bien au casque : les deux modèles sont efficaces, à vous de choisir celui qui vous convient le mieux.
  • La sonnette : klaxon sympathique du cycliste, elle fait sourire mais elle est fort utile. Ça ne vaut vraiment pas la peine de s’en passer !
  • Porte-bagages et panier : ils vous aident à transporter votre sac, vos emplettes et votre mallette mais, surtout, ils vous libèrent les mains pour que vous puissiez conduire et freiner en toute sécurité, en plus de vous éviter de porter vos bagages sur le dos. En été, un sac à dos est chaud et inconfortable, et il peut même vous déséquilibrer s’il est trop lourd.

Nous espérons que ces quelques conseils sauront vous aider à mieux prévenir les accidents et vous convaincre d’adopter un comportement sécuritaire... pour pédaler plus souvent et pour longtemps ! Bon vélo !