Point de vue : octobre 2012

Viva la vie active!

Malgré les bénéfices pour la santé qu’on associe généralement au vélo, on trouve fréquemment sur notre chemin un spécialiste ou un institut de grande renommée pour nous faire croire le contraire. On nous rapporte, par exemple, qu’en étant actif on risque de se blesser ou de se faire frapper… Belle morale dans ce monde de sédentarité, de malbouffe et de surplus de poids! Le problème avec ces études, c’est qu’elles relèvent de la science « ultra pure » et que leurs auteurs oublient parfois de faire certaines nuances, involontairement ou volontairement…

Lors de la publication de L’état du vélo au Québec, l’an dernier, nous avons fait le bilan suivant, que partage d’ailleurs la Société de l’assurance automobile du Québec et le ministère des Transports. De 1987 à 2010, le nombre total de vélos a plus que doublé au Québec et le nombre de cyclistes réguliers, lui, a augmenté de 50 %. Pour la même période, on note une diminution de 58 % du nombre de décès cyclistes, une diminution de 72 % des blessures graves et une diminution de 52 % des blessures légères. Et nous pourrions ajouter que pendant cette même période, le taux de motorisation au Québec s’est passablement accru. Ajoutons à cela la conclusion d’une étude récente du professeur Piet de Jong, mathématicien à l’Université Macquarie, à Sydney (Australie) : « Le bénéfice des déplacements à vélo est de 20 fois supérieurs au risque encouru par son usage. »

La même prudence est de mise lorsque nous abordons la sécurité des enfants sur le trajet de l’école. Tout le monde sait que le nombre de déplacements à pied entre l’école et la maison a dramatiquement chuté entre 1980 et aujourd’hui. On en est venu à penser que la navette parentale motorisée est le moyen le plus sûr de transporter nos enfants, alors que c’est ce qui en grande partie a créé l’insécurité réelle et perçue autour des écoles! Belle affaire et beau défi auquel nous nous sommes attaqués depuis 2005, avec le programme À pied, à vélo, ville active, pour remettre « à la mode » la marche et le vélo vers l’école.

Oui, le vélo comporte ses risques, comme toute autre forme de mobilité ou d’activité, et il est essentiel que les administrations publiques poursuivent efforts et investissements pour améliorer les environnements routiers au bénéfice des piétons et des cyclistes. Mais de grâce, chercheurs de ce monde, cessez ces campagnes non productives qui faussent l’image réelle de la pratique du vélo.