Un peu d'histoire

Suivez l'évolution de Vélo Québec dans ses grandes lignes.
 
Les origines… et les changements de nom!
Vélo Québec est fondé en 1967 par Gabriel Lupien, sous le nom de Fédération cyclotouriste provinciale. Inspiré par des initiatives françaises, l’organisme met sur pied des activités cyclotouristiques, d’abord pour les jeunes garçons, à Québec et à Montréal. En 1973, la fédération change de nom et devient la Fédération québécoise de cyclotourisme. C’est en 1979 qu’elle adopte le nom de Vélo Québec, qui ne fait pas l’unanimité parmi ses membres à l’époque, car… le mot « vélo » n’était pas très courant au Québec! Les temps ont bien changé.
Les différents toits de Vélo Québec
Un simple appartement de la rue Basile-Routhier est le premier lieu de résidence de Vélo Québec, lors de sa fondation en 1967. Le 1415 rue Jarry Est accueille ensuite l’organisation au début des années soixante-dix. Ce lieu devient célèbre pour avoir abrité toutes les fédérations sportives et de loisirs reconnues par le gouvernement du Québec.

En 1985, ne sachant que faire du Stade olympique, le gouvernement a l’idée d’y installer ces mêmes organisations sportives et de loisirs. Une partie du stationnement souterrain est donc aménagée… pour devenir les bureaux du Regroupement loisirs Québec.

Pour Vélo Québec cependant, le Stade olympique est manifestement bien éloigné des cyclistes. Par conséquent, la décision est prise de quitter le Stade. L’année 90 est celle du déménagement au Balfour, boulevard Saint-Laurent, angle Prince-Arthur. Des catacombes olympiques à la Main : le changement tant souhaité — se rapprocher des cyclistes — se réalise.

Toutefois, le projet de Vélo Québec de créer une véritable Maison des cyclistes prend forme, et la quête d’un édifice ayant pignon sur piste cyclable commence. Après deux ans de recherche, l’édifice du 1251 rue Rachel Est est choisi. Atout de taille dans le choix de cet emplacement : l’édifice est situé à l’intersection de deux pistes cyclables d’importance.

En août 1994, après six mois de travaux, la Maison des cyclistes est inaugurée en grande pompe par les cyclistes participant au premier Grand Tour, qui se termine au parc La Fontaine. Dans le but de mieux accueillir et servir la clientèle, le café et la boutique de la Maison des cyclistes connaissent une importante transformation à l’hiver 2007. En 2010, un agrandissement a lieu sur le terrain arrière de l’édifice afin d’y loger les employés, toujours plus nombreux.
Bike-boom dans les années 70
La crise du pétrole, dans les années 70, crée un véritable bike-boom en Amérique du Nord. Il se vend pour la première fois plus de vélos que d'automobiles, et les adultes se remettent à pédaler... mais sans trop savoir quelle bicyclette acheter. C'est dans ce contexte que Vélo Québec s’intéresse au consommateurisme et publie en 1978 Le guide de l'acheteur et la très populaire étude du marché dans le Cyclo-Nouvelles.

La qualité des vélos offerts au Québec à l'époque laisse à désirer : on roule sur des 10 vitesses à 79,95 $, les roues libres proposent des combinaisons de 14-24 assorties à deux plateaux de 48 et 52 dents à l'avant... imaginez l'effort pour monter les côtes! Et les selles sont dures comme de la brique. Le guide de l'acheteur, une première dans le marché québécois, offre des conseils pour faire les bons choix en fonction de l'usage du vélo : bicyclette pour enfants, cyclisme urbain, cyclotourisme, cyclosportif, choix des accessoires et des équipements. Les cyclistes ordinaires influencent ainsi pour la première fois les fabricants, importateurs et vélocistes!
Première étude de marché sur les vélos
En plus du Guide de l’acheteur, Vélo Québec publie en 1978 une étude du marché sur les vélos vendus au Québec. Parue dans le Cyclo-Nouvelles (notre bulletin d'information à l'époque), cette étude connaît une grande popularité dans un contexte où les bicyclettes offertes aux adultes qui se remettent à pédaler sont trop souvent de mauvaise qualité. Cette analyse en trois catégories (« 3 vitesses », « 10 vitesses entre 150 $ et 200 $ » et « 10 vitesses entre 200 $ et 275 $ ») permet d’identifier les quelques modèles de bicyclettes qui constituent un bon achat, selon le rapport qualité/prix. Au total : six recommandations! Imaginez le chemin parcouru depuis. L’étude (retitrée Guide d’achat) est toujours publiée annuellement dans le magazine Vélo Mag. On y analyse dorénavant 1000 vélos de route, de triathlon, de cyclo-cross et de cyclotourisme ainsi que 600 vélos hybrides et de ville et 600 vélos de montagne!
La sécurité des cyclistes
La sécurité des cyclistes est constamment au cœur des préoccupations de Vélo Québec. Le bilan routier des années 60 n’est guère reluisant. Alors que les enfants constituent la majorité des cyclistes, les décès au Québec s’élèvent alors à près de 70 annuellement. Les années passent et les automobilistes sont invités, par le biais de campagnes publicitaires, à réduire leur vitesse et à s’abstenir de conduire en état d'ébriété. Ajoutez à cela les campagnes de sécurité destinées aux cyclistes, que Vélo Québec orchestre à l'époque avec le ministère de la Voirie, ainsi que la mise en place d'aménagements cyclables, et on se retrouve, 45 ans plus tard, avec un bilan nettement amélioré. En effet, pour une pratique cycliste, qui a décuplé, et un kilométrage automobile qui, lui, a doublé, on dénombre aujourd'hui trois fois moins de décès chez les cyclistes. De tous les usagers de la route, on peut maintenant affirmer que ce sont les cyclistes qui affichent le meilleur bilan routier.
Révision du Code de la route en faveur des cyclistes
Sans l’intervention de Vélo Québec, en 1979, il vous serait impossible de monter une côte en danseuse!

En 1979, Vélo Québec participe à la Commission parlementaire chargée de réviser le Code de la route. Un mémoire étoffé, contenant plus de cinquante recommandations, y est déposé. Celles-ci sont si bien reçues par le ministre des Transports de l’époque, M. Lucien Lessard, que l’organisme est invité à siéger à titre d’expert-conseil au comité de rédaction, à l’époque sous la responsabilité de Jocelyn K. Laflamme, du défunt Bureau des véhicules automobiles (BVA).

La section originale destinée aux cyclistes, dans ce qui devait devenir le Code de la sécurité routière, avait vraisemblablement été écrite par des gens qui ne faisaient pas de vélo. Imaginez : une règle obligeait les cyclistes à garder leurs deux mains sur le guidon en tout temps; une autre règle du même Code, à signaler leurs intentions de virage et d’arrêt au moyen de signaux faits avec le bras! Pas facile avec une telle règle de changer de vitesses (à l’époque les manettes de dérailleur sont fixées sur le tube diagonal) ou de prendre son bidon d’eau.

De même, on exigeait que les cyclistes soient constamment assis sur leur selle. Pas facile, vous en conviendrez, de monter une côte en danseuse! Vélo Québec propose alors la notion d’« être à califourchon »… retenue et inscrite au Code de la sécurité routière.
De la journée de la bicyclette au Tour de l’Île
La journée internationale de la bicyclette est célébrée dans le monde entier le premier week-end de juin. Le Monde à bicyclette, dans les années 70, puis avec la complicité de Vélo Québec dans les années 80, organise une manifestation pour marquer cette journée spéciale.

Un cortège de 1000 à 1500 cyclistes s’élance alors à 10 km/h dans les rues de la ville pour parcourir les quelques kilomètres séparant le parc La Fontaine du carré Dominion. C’est notre façon de démontrer à la ville et aux automobilistes que les cyclistes ont aussi droit de cité à Montréal. Les slogans les plus populaires de l’époque sont « On veut des pistes », « L’essence de mon vélo, c’est moi », « Mon vélo est payé, pas ton auto » et, bien sûr, « Vive la vélorution », dixit Bob Silverman.

Cette journée donne le goût à Vélo Québec d’organiser un rassemblement cycliste familial qui réunirait les cyclistes de 7 à 77 ans. Le Tour de l’Île de Montréal naît en 1985 du désir de redonner l’envie aux gens de faire du vélo, jumelé à l’intérêt de démontrer aux différentes instances gouvernementales que le vélo est fabuleusement populaire. Le poids du nombre va devenir notre force de conviction, notre pouvoir de négociation.

Le Tour de l’Île voit le jour, sous une pluie diluvienne, avec un contingent de 3500 cyclistes. Au plus grand bonheur de ses participants, le Tour de l’Île revient en juin 1986 avec 15 000 cyclistes, puis 26 000, 32 000, pour atteindre 45 000 au début des années 90. Ainsi, il devient le plus grand rassemblement cycliste au monde (record Guinness), témoignant sans conteste de l’immense popularité du vélo et de la culture cycliste de Montréal et du Québec.
Le vélo comme moyen de transport
Depuis longtemps, on parle de l’utilité du vélo comme moyen de transport au Québec. En 1977, le ministère des Transports du Québec publie un document phare : La bicyclette, un moyen de transport. Cette réflexion, qui émerge d’un ministère principalement préoccupé jusque-là par la voirie, se révèle des plus pertinentes.

Le document explique les avantages du vélo comme moyen de transport. Il recommande de reconnaître formellement la bicyclette comme un véhicule à part entière et propose la construction d’aménagements cyclables et l’amélioration de la sécurité routière pour les cyclistes. Guy Rouleau, alors directeur général de Vélo Québec, a accès au document qui circule dans les bureaux du Ministère et décide de le diffuser auprès des journalistes et des politiciens afin d’appuyer nos revendications. Le document est chaudement accueilli par la presse, ce qui amène le Ministère à le publier officiellement. Il alimentera notre argumentaire pendant des années.
D’un Plan de transport à l’autre
En 1988, Vélo Québec présente un mémoire dans le cadre des consultations publiques que la Ville de Montréal mène pour définir ses grandes orientations concernant l’aménagement du centre-ville. Vélo Québec propose que le Plan d’urbanisme intègre comme principe de base l’amélioration de la qualité de l’environnement, la diminution du nombre de voitures au centre-ville et l’accroissement de la qualité et de l’offre des transports collectifs. On y retrouve également la mise en place d’un vaste réseau cyclable, ayant comme axe principal une piste est-ouest en plein cœur du centre-ville. L’ajout de stationnements sécuritaires pour bicyclettes est aussi au menu du mémoire.

Dix-neuf ans plus tard, en avril 2007, la Ville annonce la réalisation d’une piste cyclable sur le boulevard de Maisonneuve, entre Berri et Green. Quelques jours plus tard, le 17 mai, la Ville de Montréal présente un audacieux Plan de transport, qui accorde une large place au vélo et reprend, entre autres, des revendications que Vélo Québec faisait valoir depuis plus de 35 ans. La patience est une vertu que tout cycliste, qui a déjà lutté contre un vent de face, a appris à cultiver!
La création du Grand Tour Desjardins
Historiquement, le Grand Tour Desjardins, l’événement cyclotouristique et cyclosportif de l’été, fit découvrir aux Québécois les plaisirs du voyage à vélo et les vertus d'une bicyclette adaptée à la route. À voir aujourd'hui les 2000 participants à l'événement rouler avec des vélos de route et de cyclotourisme, on oublie que les deux tiers des cyclistes de la première édition, en 1994, pédalaient sur un vélo de montagne! Une monture totalement inadaptée pour ce genre de circuit.

Lors de cette première édition, l’organisation n’est pas certaine de pouvoir intéresser 1000 cyclistes à y prendre part. Pourtant, dès le printemps de la même année, les 1000 places disponibles s’envolent en moins de cinq semaines. Le signal est clair : les cyclistes québécois veulent des randonnées cyclistes plus « costaudes ». Ainsi, depuis 1994, le Grand Tour Desjardins, puis la Petite Aventure Desjardins, contribuent à faire voyager les cyclistes québécois. Du Tour de l'Île de Montréal au Grand Tour Desjardins, les Québécois ont parcouru bien du chemin sur leur vélo!
La Route verte
L’idée de la Route verte remonte à la fin des années 80, alors que les principaux artisans de Vélo Québec articulent déjà, sous différentes formes, le plan de ce que devrait être le « Québec cyclable » de demain.

Inspiré par d'autres grands projets d'itinéraires cyclables connus, principalement en Europe et aux États-Unis, Vélo Québec utilise le tremplin fourni par la Conférence Vélo Mondiale, en 1992, pour présenter au public le Plan du Québec cyclable et des corridors verts de l'an 2000.

En 1994, dans le contexte d’un plan d’action jeunesse qui amène un vent nouveau dans les régions, Vélo Québec a la chance de soumettre ce concept au gouvernement du Québec. L’idée est retenue et en juin le grand lancement a lieu : l’itinéraire cyclable prendra forme dans un horizon d’une dizaine d’années et s’étendra sur 4000 kilomètres, traversant le Québec du nord au sud et d’est en ouest. Le gouvernement du Québec, par l’intermédiaire du ministère des Transports et du Secrétariat à la jeunesse, en confie la coordination à Vélo Québec, qui devra établir, en collaboration avec les régions, le tracé définitif.

En 2007, soit 12 ans après sa mise en chantier, la Route verte est enfin inaugurée. En 2012, sa première phase est complétée à 97 %; sa seconde, à 68 %, pour un total qui dépasse maintenant les 5000 km!
La Conférence vélo mondiale
En septembre 1992, Vélo Québec organise à Montréal la première conférence internationale sur le vélo, en invitant les deux plus importants congrès cyclistes du globe : Pro Bike (É.-U.) et Velo City (Europe).

Cette première Conférence vélo mondiale réunit 630 participants en provenance de 30 pays. Elle permet des discussions fructueuses entre les représentants d’organisations cyclistes, des politiciens et des planificateurs urbains. Le but est d’y partager les bons coups et les combats à mener ainsi que de faire reconnaître le vélo comme moyen de transport à part entière. Cette conférence, qui touche de près les questions reliées aux transports, se penche aussi sur les questions du vélo comme loisir et comme moyen de découverte touristique.

Pour l’occasion, la Ville de Montréal construit une piste cyclable temporaire sur la rue Saint-Antoine et installe 350 supports devant l’hôtel Radisson (aujourd’hui Delta Montréal) pour que les congressistes puissent y stationner leur vélo. De quoi donner à la ville des airs d’Amsterdam!
Le premier magazine québécois destiné aux cyclistes
C’est en 1981 que l’équipe de Vélo Québec met au monde le premier magazine québécois destiné aux cyclistes : Vélo Québec, l’ancêtre de Vélo Mag.

La publication de ce premier magazine, 24 pages noir et blanc, orné d’une page couverture en deux couleurs, est pour nous une grosse affaire. Il faut dire qu’après Cyclo-nouvelle, le bulletin de liaison de la Fédération québécoise de cyclotourisme, devenue Vélo Québec, c’est tout un progrès. Au fil des ans, le magazine se raffine, le contenu se diversifie et sa qualité augmente.

En 2010, Vélo Mag fête sa 30e année d’existence. Il est encore aujourd’hui le plus important magazine cycliste au Canada, en plus d’avoir un petit frère : Géo Plein Air. Ces deux publications, ainsi que de nombreuses autres, dont le magazine Québec Science, font partie de notre maison d’édition, Vélo Québec Éditions. Et dire que tout ça a débuté dans les locaux du 1415 Jarry Est, avec une gang de cyclistes qui ne connaissaient rien à l’édition de magazine!
Les aménagements en faveur des cyclistes
« Plus il y a d’aménagements cyclables, plus il y a de cyclistes. » Cette phrase est l’un des leitmotive de Vélo Québec, et explique la ferveur de l’organisme dans ses démarches auprès des autorités afin que le Québec soit doté de voies cyclables nombreuses et bien construites.

À la fin des années 1970, des membres de l’équipe de Vélo Québec traversent l’Atlantique et constatent que les aménagements cyclables européens sont efficaces, bien conçus et… très populaires!

Inspiré par ces aménagements, Vélo Québec décide d’entreprendre des actions qui constituent encore aujourd’hui le quotidien de l’organisme : convaincre les pouvoirs publics de l’importance de créer des aménagements cyclables de qualité, créer les bons outils qui serviront de référence, et développer une expertise technique pour la réalisation de voies cyclables fonctionnelles.

Vélo Québec entreprend de diffuser son expertise technique aux planificateurs, urbanistes, ingénieurs et politiciens sur la façon de concevoir des pistes cyclables en organisant un premier colloque sur les aménagements cyclables, qui a eu lieu en 1979. Cette première rencontre, à Montréal et à Québec, est suivie de nombreuses autres à travers le Québec dans les années 80 et 90.

En mai 1990, l’organisme publie son premier Guide technique d’aménagement des voies cyclables. Ce guide, réédité en français en 1992 et 2003, est également traduit en anglais. En 2009, le guide Aménagements en faveur des piétons et des cyclistes voit le jour et amène les professionnels de l’aménagement plus loin dans leur conception de voies cyclables et d’aménagements pour piétons. Des formations conçues à partir de ce guide sont depuis données par Vélo Québec à travers le Québec et le Canada.
L’évolution de la pratique cycliste depuis 1967
En 1967, à l’initiative de Gabriel Lupien, fondateur de Vélo Québec, douze clubs cyclistes, composés de jeunes cyclotouristes, convergent vers Montréal pour remettre les clés de leurs villes à Jean Drapeau, maire de Montréal, à l’occasion de l’ouverture de l’Expo 67.

Certes, la pratique cycliste a bien évolué depuis ce temps. Aujourd’hui, le Québec compte plus de 100 clubs cyclistes regroupant 10 000 adeptes, surtout des adultes. Ces clubs proposent principalement des sorties cyclotouristiques ou cyclosportives à leurs membres, ce qui n’existait pas vraiment il y a 45 ans.

Du côté du monde de la compétition, on recense maintenant au moins 200 clubs et 6000 coureurs cyclistes. Qu’ils évoluent en vélo de route ou de montagne, ces derniers participent chaque année à 400 épreuves au Québec.

Que ce soit en participant à des événements cyclistes, à des voyages à vélo, à des sorties ou des compétitions sportives avec des clubs cyclistes, à des balades en famille ou en solo ou encore en se déplaçant vers le travail ou vers l’école, les Québécois aiment le vélo. Après tout, il y a en bien 4 millions qui en font!

Depuis 45 ans, Vélo Québec fait figure d'incontournable dans le paysage cycliste québécois. Que ce soit à des fins de loisir ou de tourisme, ou comme moyen de transport, l’organisme encourage sans relâche l'utilisation de la bicyclette afin d'améliorer l'environnement, la santé et le bien-être des citoyens.