Vélo Québec


L'état du vélo au Québec en 2000

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État du vélo au Québec en 2000
Bicycling in Quebec in 2000

 

 

L'état du vélo au Québec en 2000

©Mathieu Lamarre

Le pratique cycliste

L'incidence des cyclistes dans la population
Objet usuel de notre quotidien, le vélo est partout ou presque. Plus précisément, 89 % des Québécois ont déjà fait de la bicyclette au cours de leur vie. De façon plus significative, au-delà de la moitié des Québécois âgés de 6 à 74 ans (54 %) ont fait du vélo au cours de l'année 2000, soit 3,5 millions de personnes. Il s'agit d'une baisse de 2 % par rapport à la situation observée en 1995, qui peut s'expliquer par une diminution appréciable chez les jeunes adultes, conjuguée avec un été maussade en 2000. En comparaison, on pédale moins aux États-Unis, où à peine 23 % des personnes âgées de plus de six ans ont fait de la bicyclette en 1999.

Depuis 1995, l'incidence des cyclistes au sein de certains groupes d'âge est restée relativement stable. Ainsi trouve-t-on 60 % de cyclistes parmi les 35-44 ans (ils étaient 55 % en 1995) ; 44 % de cyclistes chez les 45-54 ans (47 % en 1995) ; et 76 % des jeunes de 6 à 17 ans ont fait du vélo une fois ou plus par semaine en 2000 (73 % en 1995). Les gens plus âgés, cependant, ont vraisemblablement pris goût au vélo : l'incidence des cyclistes parmi les 55-64 ans est passée de 34 % à 41 %, et de 12 % à 21 % chez les 65-74 ans. Le phénomène est inverse chez les jeunes adultes : toujours par rapport à 1995, l'incidence des cyclistes chez les 25-34 ans est passée de 67 % à 58 %, et de 76 % à 58 % chez les
18-24 ans.

L'utilisation du vélo
31 % des adultes et 76 % des enfants font du vélo au moins une fois par semaine au Québec. Depuis 1977, le nombre d'adultes cyclistes « à la semaine » a presque doublé, passant de 900 000 personnes à 1,7 million en 2000. Le Québec compte donc plus de cyclistes assidus que les États-Unis (23 % une fois par année) ou que les Français (8 %), mais bien moins que les Néerlandais (66 %) ou que les Danois (50 %).
Au cours de l'année 2000, les cyclistes québécois ont franchi 1,7 milliard de kilomètres à bicyclette, soit l'équivalent de 2 % de la distance parcourue par l'ensemble des automobilistes. En clair, les cyclistes disent parcourir en moyenne 37 km par semaine pour un total de 630 km par année.
Près de la moitié (46 %) des déplacements des cyclistes québécois se font sur des voies où la circulation automobile est exclue, soit les pistes cyclables et les sentiers en montagne ou en forêt. Presque autant (42 %) sont effectués sur des rues ou des routes à faible circulation. Depuis 1995,
la fréquentation des routes rurales à faible circulation est demeurée stable, les cyclistes y passant toujours quelque 23 min par semaine. Encore peu fréquentées, les routes rurales à forte circulation ont tout de même vu leur temps d'achalandage quintupler, passant de 1 min à 5 min. Enfin, c'est à un véritable transfert que se sont livrées pistes cyclables et rues à faible
circulation, au profit des premières : le temps de fréquentation des pistes est passé, de 1995 à 2000, de 71 min à 83 min et celui des rues, de 87 min à 71 min.

Le vélo comme moyen de transport
Actuellement, environ 500 000 personnes, soit 20 % des cyclistes, utilisent le vélo comme moyen de transport, au moins occasionnellement. De mai à septembre, le vélo s'avère le principal moyen de transport de 6 % de l'ensemble des cyclistes québécois.

L'enquête Origine-Destination 1998, réalisée dans la grande région de Montréal de la fin août à la mi-décembre et portant sur 418 000 déplacements, révélait que 1,2 % de ces déplacements avaient été effectués à vélo. On ne s'étonne d'ailleurs pas de voir cette proportion s'élever à 3,0 % pour les déplacements effectués au mois d'août et diminuer graduellement à mesure qu'avance la saison. Cas particulier, les résidants du Plateau Mont-Royal, à Montréal, ont effectué 32 % de leurs déplacements de façon non motorisée, dont 11 % à vélo.

En moyenne, 18 % des déplacements de l'ensemble des cyclistes québécois sont de nature utilitaire.

Le vélo comme loisir
Le vélo, au Québec, est avant tout un instrument de loisir. Ainsi, 98 % des cyclistes évoquent le plaisir comme premier motif les incitant à enfourcher un vélo. Cependant, une proportion semblable (97 %) associe spontanément le vélo à la santé et à la condition physique. Cette conjonction du plaisir et de l'exercice explique sans doute le succès des randonnées populaires. En 2000, ces randonnées ont attiré 110 000 cyclistes qui ont parcouru – pour le plaisir et pour la forme – quelque 5 millions de kilomètres.

C'est sans compter toutes les sorties « officieuses ». Les plus structurées d'entre elles sont organisées par la soixantaine de clubs cyclistes qui regroupent plus de 8000 membres. À raison d'une trentaine de sorties par saison, ces cyclistes pédalent une dizaine de millions de kilomètres chaque année. En fait, l'engouement pour ces sorties de groupes est tel que beaucoup de gens du milieu prédisent un bel avenir aux randonnées cyclosportives « à la française ».

Le vélo utile
À l'heure où les embouteillages sont presque chroniques, le vélo, ironie du sort, reprend ses lettres de noblesse comme véhicule de fonction. On le voit servir aux agents de stationnement, aux livreurs de quartier, aux vendeurs de crème glacée, aux balayeurs de rues. Il est désormais indissociable du métier de messager, ces derniers effectuant chaque année à Montréal, à vélo, plus d'un million de livraisons.

Grâce à l'absence de rejets toxiques et à son côté silencieux, grâce aussi à sa capacité de transporter des charges lourdes ou volumineuses, le tricycle s'est taillé une place pour des fonctions aussi variées que l'entretien des parcs de la ville de Longueuil, le transport de pièces et d'outils dans les usines de Bombardier-Canadair et de Pratt & Whitney ainsi que la livraison d'échantillons et de courrier à l'hôpital du Sacré-Cœur à Montréal.

Pour leur part, les policiers misent sur la grande mobilité du vélo et apprécient que ce véhicule facilite considérablement les contacts avec la population. Une quinzaine des plus grandes municipalités du Québec affectent 111 agents (soit 3 % de leur effectif) aux patrouilles à bicyclette. Même certains ambulanciers l'utilisent. En effet, plusieurs tentent déjà l'expérience à New York et à Toronto, équipés d'oxygène et de défibrillateurs, et deux équipes montréalaises devraient les imiter en 2001, dans le contexte d'un projet pilote.

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