©Mathieu Lamarre | Vélo et santé font bon ménage, puisque la santé est en relation étroite avec l'activité physique. Le sens commun le soupçonne, et une volumineuse bibliographie scientifique en fait foi(1). Depuis deux décennies à peine, les études ont contribué à préciser certaines réalités. Elles ont notamment permis de confirmer les effets bénéfiques sur la santé d'une activité physique d'intensité moyenne ou faible. Or, au Québec, c'est précisément le type d'activité à laquelle s'adonnent les 31 % de la population adulte et les 76 % des jeunes de 6 à 17 ans qui font du vélo une fois ou plus par semaine. Ni compétiteurs ni même sportifs accomplis pour la plupart, ils se consacrent néanmoins à l'activité physique nécessaire au maintien ou à l'amélioration de leur santé. De plus, le cyclisme, même lorsqu'il est pratiqué à très haute intensité, constitue une activité « douce », parce qu'il s'agit d'un sport porté, comme la natation, donc très peu susceptible de provoquer des blessures de type musculaire ou articulaire. Indirectement, et avec une approche globale, c'est ce que confirme une étude australienne, qui désigne la pratique du vélo comme l'activité la moins dangereuse, et de loin. Enfin, plus précisément, le fait de se rendre au travail à vélo semble porteur de vertus particulières : une imposante étude longitudinale réalisée au Danemark auprès de 30 640 personnes et couvrant 14,5 années a permis d'établir le fait étonnant que, même par rapport à des personnes déjà autrement actives, l'utilisation de la bicyclette pour se rendre au travail réduisait les risques de mortalité de près de 40 % ! S'ajoutant à la stricte dimension physiologique, on peut présumer que les éléments d'ordre psychologique ne sont pas étrangers à ce résultat ; on sait par exemple que le transport à vélo, en plus de la détente apportée par l'activité physique, épargne au cycliste le lot d'embouteillages, de stress et de frustration qui ponctue le quotidien de l'automobiliste. À l'heure où, justement, la congestion automobile fréquente conjugue paralysie routière, anxiété des conducteurs, sédentarité et pollution, à l'heure où certaines observations relatives à la santé, notamment le taux d'obésité au sein de la population québécoise(2), se révèlent quelque peu inquiétantes, la pratique du vélo comme instrument de loisir, mais plus encore comme moyen de transport, apparaît comme une solution extrêmement prometteuse. Rappelons qu'en 2000, les cyclistes québécois ont parcouru 1,7 milliard de kilomètres. Ce sont 1,7 milliard de kilomètres actifs, et non motorisés. Les cyclistes estiment par ailleurs que 18 % de leurs déplacements sont effectués à des fins utilitaires. Encourager ce type de comportement représente une occasion unique de promouvoir un mode de vie physiquement actif et sain en matière environnementale. 1 Renvoyons simplement aux avis du comité scientifique de Kino-Québec (qui réfère lui-même, notamment, à l'Organisation mondiale de la santé, l'American College of Sports Medicine, l'American Heart Association et les National Institutes of Health des États-Unis) qui « recommande aux personnes sédentaires ou en mauvaise condition physique des activités d'intensité modérée, de plus longue durée, pratiquées fréquemment et régulièrement. » Les études scientifiques font désormais consensus : mortalité prématurée, problèmes cardiovasculaires, hypertension artérielle, cancer du côlon, diabète de type II, dépression, obésité... sont autant de problèmes que la pratique régulière d'activités physiques peut prévenir ou atténuer. 2 Une étude conduite au cégep Lévis-Lauzon en 1999 révèle que 55 % des garçons et 40 % des filles ont un pourcentage de graisse qui se situe dans une zone « à risques » pour la santé. (Cégep Lévis-Lauzon et Kino-Québec) |suite| |