©Mathieu Lamarre |  Au cours des cinq dernières années (1996-2000), on a enregistré une moyenne de 28 décès de cyclistes par année au Québec, alors qu'on dénombre 3,5 millions de cyclistes. Selon le Bureau du coroner, la très grande majorité de ces décès (89 %) surviennent à la suite d'accidents impliquant un véhicule automobile. Fait encourageant cependant, selon les données de la Société de l'assurance automobile du Québec, le nombre de décès de cyclistes sur la route est en régression constante depuis 25 ans. On a enregistré, de 1966 à 1976, une moyenne de 68 décès par année, incluant le sommet historique de 84 morts en 1974. La période 1977-1982 voyait ce nombre diminuer chaque année de cinq décès. Depuis 1983, on note une diminution d'un décès par année en moyenne. En résumé, on enregistre moins de 25 décès sur les routes par année depuis 1997 ; on en a dénombré 22 en 2000. (Voir aussi les graphiques sur la répartition selon l'age et le sexe et l'incidence selon le poids démographique) De même, le nombre de blessés est en régression constante, et ce, depuis 1987. On recensait cette année-là chez les cyclistes 4015 blessés légers et 420 blessés graves. Ces nombres diminuent respectivement d'une centaine et d'une quinzaine par année en moyenne et ont atteint un minimum en 2000 alors qu'on comptait 2506 blessés légers et 185 blessés graves. Globalement, de 1987 à 2000, on note des diminutions de 37 % du nombre de victimes de blessures légères, de 56 % du nombre de victimes de blessures graves, et de 42 % du nombre de victimes de blessures mortelles. En résumé, toutes ces statistiques nous apprennent que, parmi tous les usagers de la route, les cyclistes présentent la meilleure amélioration du bilan routier depuis 1987. La diminution du nombre de décès d'automobilistes était de 28 % pour la même période. Il est remarquable que, pendant cette période, le parc de vélos ait plus que doublé (passant de 2,1 à 5,5 millions d'unités), le nombre de cyclistes assidus ait augmenté de moitié (passant 1,1 à 1,7 million), et que le kilométrage automobile total ait doublé (passant de 44 milliards de kilomètres à 82 milliards de kilomètres). On peut attribuer, au moins partiellement, cette amélioration globale et importante de la sécurité des cyclistes à trois grands facteurs : l'amélioration du comportement des automobilistes (due notamment à la criminalisation de la conduite en état d'ébriété, à partir de 1985) ; l'accroissement du réseau cyclable québécois qui est passé, pendant cette période, de 800 km à près de 5000 km ; et, dans une moindre mesure, l'ajout de certains équipements de sécurité sur les voitures et les vélos. Par ailleurs, les taux de port et de possession du casque ont progressé depuis 1995. Le taux de possession est passé de 57 % à 84 % chez les enfants (6-17 ans), et le taux de port du casque est passé de 36 % à 41 % chez les adultes. Alors que les réflecteurs, qui sont obligatoires, se retrouvent sur la plupart des bicyclettes, les systèmes d'éclairage n'équipent que 14 % des vélos. Comme 28 % des cyclistes circulent à la noirceur, la moitié seulement des vélos utilisés à l'obscurité sont adéquatement équipés. |suite| |