Point de vue : janvier 2020

Changer le monde, un coup de pédale à la fois


Au moment d’écrire ces lignes, nous prenons connaissance des conclusions pour le moins décevantes de la conférence des Nations Unies sur le climat, COP 25. Plus que jamais, nous comprenons l’importance d’agir localement, dans nos gestes quotidiens. Si cela ne règle pas la question des pays n’ayant pas les ressources pour contrer la crise climatique, cela nous permet au moins à court terme, un coup de pédale à la fois, d’améliorer le bilan du Québec et du Canada, et de poursuivre l’immense travail d’éducation envers nos concitoyens et concitoyennes sur cet enjeu.
 
Même si Vélo Québec n’est pas à priori considéré comme une organisation environnementale, plusieurs de nos actions ont un lien direct avec l’amélioration du climat. Nous partons du principe que toute action qui génère un déplacement à vélo, surtout en remplacement d’un déplacement motorisé, représente un gain pour la société. Que ce soit en mettant à la disposition des municipalités les outils techniques nécessaires à promouvoir et favoriser les déplacements actifs. Que ce soit en amenant les jeunes à adopter le vélo de façon agréable et sécuritaire (par le biais du programme Cycliste averti) sur le chemin de l’école. Que ce soit en créant des événements (ex. : Festival Go vélo Montréal) qui sont souvent le déclencheur d’habitudes de déplacements plus durables. Bref, toutes ces actions peuvent porter le label « BON POUR LE CLIMAT! ».
 
De plus, nous avons interpellé le gouvernement du Québec en 2019 concernant le rôle qu’il peut jouer en mettant de l’avant des mesures pour amener plus de gens vers le vélo et les transports durables. Les travaux sur la Politique de mobilité durable et le Plan d’électrification et de changements climatiques (PECC) ont été des occasions où nous avons fait valoir l’importance de bonifier les programmes de financement permettant aux municipalités de développer des infrastructures cyclables. Nous parlons d’une cible de 100 M$ annuellement, partagée entre le gouvernement du Québec et les programmes fédéraux sur les infrastructures.
 
Nous avons aussi proposé que les vélos, vélos à assistance électriques et vélo cargo (électriques ou non) puissent entrer dans la catégorie des véhicules éligibles à l’aide financière (500 $) des programmes Roulez vert et Transportez vert. Enfin, nous avons remis de l’avant l’idée que soit instaurée une indemnité kilométrique non imposable pour des déplacements à vélo dans le cadre du travail. Cette idée, qui tend à se généraliser en France et dans plusieurs pays d’Europe, est maintenant une option dont souhaiteraient se prévaloir des employeurs d’ici pour encourager le transport durable.
 
Le présent gouvernement du Québec aime les idées concrètes, et celles que nous avançons le sont. Relativement simples et peu coûteuses, elles ont un potentiel élevé de retombées positives. Dans le contexte où le gouvernement sait très bien qu’il doit en faire plus pour contrer la crise climatique, pourquoi ne profiterait-il pas de cette deuxième année de mandat pour faire de ces idées une réalité?
 
Au plaisir de se croiser à vélo en 2020!
 

Suzanne Lareau
Présidente-directrice générale