Préparer un voyage de longue durée à vélo

Ce qui caractérise le cyclotourisme et le vélo d’aventure (bikepacking), c’est que l’expérience ne se résume pas à pédaler: il faut aussi penser au ravitaillement, au lieu où dormir, ainsi qu’aux types de terrain à parcourir.

Tous ces aspects entrent en jeu au moment de tracer son itinéraire. Une chose est certaine, les imprévus font partie du voyage et c’est ce qui en fait tout le charme!

Chaque parcours, qu’il soit de deux jours ou de plusieurs semaines, vous en apprendra un peu plus sur vous-même et vous laissera certainement un grand sentiment de fierté. Attention: voyager à vélo est bien souvent addictif, et chaque petit périple vous donnera envie de repartir un peu plus loin la prochaine fois!

S’inspirer d’itinéraires existants

Bien souvent, les personnes qui voyagent à vélo s’inspirent d’itinéraires existants et les adaptent à leurs besoins.

Il existe de très nombreux sites qui répertorient des itinéraires testés et approuvés, comportant également tous les points d’intérêt essentiels, tels que les points de ravitaillement, les options d’hébergement ou de camping et les points d’eau. Ces ressources sont parfaites pour se lancer sans stress dans une première aventure.

En premier lieu, il est préférable de déterminer la région à explorer. Se renseigner sur Internet, ou auprès de communautés de pratique, pour trouver des itinéraires existants dans ce secteur. Il est possible d’utiliser ces itinéraires publics tels quels, ou de les modifier pour les adapter à vos envies (les raccourcir, les faire partir d’un autre lieu, etc.).

Connaître la faune et l’environnement pour apporter le bon équipement. Par exemple, dans une région où la présence d’ours est importante, un répulsif à portée de main et une compréhension des bonnes pratiques pour éviter les rencontres indésirables s’avèrent nécessaires. Au Québec, la saison estivale implique également une vigilance accrue face aux tiques. Intégrer un tire-tique à sa trousse de premiers soins est un geste simple qui facilite une intervention rapide en cas de morsure.

Utiliser des outils de planification

Les applications comme Komoot, RideWithGPS, Strava ou Garmin Connect sont d’excellents outils pour tracer et personnaliser votre itinéraire.

  • Créer son parcours en définissant un point de départ et un point d’arrivée.
  • L’adapter manuellement en ajoutant des points de passage, en évitant les routes à fort trafic et en privilégiant les surfaces compatibles avec votre vélo et votre niveau de confort.
  • Identifier les points d’intérêt: sources d’eau, épiceries, magasins de vélos, campings, lieux de bivouac, etc.

Le respect des propriétés privées est la règle d’or. Prenez le temps de vérifier vos itinéraires:

  • Croiser les informations issues de plusieurs cartes afin de vérifier que vous ne passez pas par des terrains privés.
  • Se renseigner auprès des communautés locales ou des clubs de vélo.
  • Identifier les zonages que vous traversez et prévoir un moyen de paiement pour régler les droits d’accès, le cas échéant.
  • Se renseigner sur les périodes de chasse et adapter votre itinéraire en conséquence.

Analyser le parcours

Une fois votre tracé établi, prenez le temps d’étudier le parcours afin d’en évaluer les difficultés potentielles. La distance et le dénivelé sont, bien sûr, des indicateurs importants, mais le type de surface, l’éloignement, l’environnement ou la période de l’année le sont tout autant.

  • Le dénivelé: analyser le profil d’élévation pour estimer les montées et les descentes. Cela vous aidera à mieux planifier vos efforts et vos étapes.
  • Le type de surface: asphalte, gravier, sentier forestier… Chaque surface influence votre vitesse et le confort de votre progression.
  • La distance réelle: ne pas toujours se fier aux kilomètres. Un itinéraire de 60 km sur des chemins accidentés peut être plus exigeant qu’un parcours de 100 km sur la route.

En dehors des sentiers balisés, il arrive que certains segments soient techniques ou difficilement roulables (sable, boue, roches, chemins de véhicules tout-terrain) et qu’il faille marcher ou pousser le vélo. Ces portions peuvent être physiquement exigeantes et ralentir considérablement la progression.

La plupart des itinéraires sont bien documentés. Faites des recherches et n’hésitez pas à poser des questions auprès de groupes sur les réseaux sociaux ou de communautés. Plus vous en saurez sur ce qui vous attend, mieux vous évaluerez les compétences et les habiletés requises pour accomplir votre périple.

Selon votre contexte, il sera encore temps d’adapter votre itinéraire ou vos attentes.

Choisir ses options d’hébergement

Selon ses préférences et l’expérience visée, plusieurs options sont possibles et ont un effet direct sur la quantité de bagages à préparer et à répartir sur le vélo. Au Québec, le réseau Bienvenue cyclistes! est une ressource précieuse quant il est question d’hébergement: ces lieux offrent des services adaptés aux cyclistes (abri, outils, zones de lavage, espace pour verrouiller le vélo).

  • Auberge, hôtel ou gîte: consulter les options d’hébergement sur votre trajet et, si possible, réserver à l’avance.
  • Accueil communautaire: certaines applications et sites internet identifient des hôtes accueillant les cyclistes, pour une douche, une nuit à l’intérieur ou en tente dans leur jardin.
  • Camping aménagé: repérer les campings officiels à l’avance et, si possible, réserver.
  • Camping sauvage: toujours se renseigner sur la réglementation locale. Certaines régions l’autorisent, d’autres non. Identifier les zones où il est permis de bivouaquer afin de respecter la législation et les milieux naturels.

Dormir dehors est certainement l’ultime expérience que tout apprenti-aventurier aspire à vivre. Évidemment, ce choix vient avec son lot de bagages supplémentaires. Avant de partir, prendre le temps de monter et de démonter son équipement de camping pour vérifier qu’il est complet et en bon état, évite de mauvaises surprises.

Préparer sa sortie et planifier son itinéraire sont déjà des étapes du voyage, car l’aventure ne se limite pas au temps passé sur la selle. Ce sont aussi tous les moments de préparation, les ajustements au fil des déplacements et le retour à la maison. Autant d’instants à savourer qui font pleinement partie de l’expérience.

Anticiper le ravitaillement

Plus l’itinéraire s’éloigne des centres, plus il est important de prévoir suffisamment de vivres pour la durée du déplacement. Une bonne gestion de la nourriture permet de vivre pleinement l’imprévu… sans stress inutile.

  • Se renseigner avant de partir sur les points de ravitaillement disponibles (épiceries, sources d’eau). Vérifier les heures et les jours d’ouverture, surtout dans les régions rurales.
  • Prévoir des solutions de rechange au cas où un commerce serait fermé.
  • Prévoir transporter une journée supplémentaire de nourriture dans ses bagages lorsque les points de ravitaillement s’annoncent incertains.
  • Avoir en main au moins une méthode de purification de l’eau si vous devez vous ravitailler dans un lac ou une rivière: des pastilles ou un filtre, selon vos préférences.

Conseil: noter les distances entre les points de ravitaillement. Cela vous évitera les mauvaises surprises.

En savoir plus sur l’alimentation et l’hydratation

Préparer les imprévus

Les aléas font partie de l’aventure, mais ils se gèrent mieux lorsqu’ils ont été pris en compte à l’avance!

  • Plan de sortie: prévoir tous les scénarios possibles (panne, blessure, météo difficile) et comment y faire face.
  • Navigation hors ligne: télécharger votre itinéraire au format GPX sur votre téléphone et, idéalement, votre GPS, afin d’y avoir accès sur deux appareils différents. Dans certains cas, une carte papier pourrait également être pertinente.
  • Communication: partager votre trajet et vos points d’arrêt avec une personne de confiance.