Gérer les imprévus à vélo
C’est là qu’entre en jeu le plan de mesures d’urgence. Quoique cela sonne dramatique, il est plutôt simple à élaborer et, surtout, il vise à anticiper les incidents probables et les mesures nécessaires pour les éviter ou pour qu’ils ne deviennent pas un drame. Deux exemples fréquents d’incidents auxquels la plupart des cyclistes sont confrontés à un moment ou à un autre: un bris mécanique ou une chute.
Un plan de mesures d’urgence répond à trois questions :
- Quels incidents pourraient survenir pendant ma sortie?
- Comment puis-je les éviter?
- Que faire s’ils se produisent malgré tout?
Identifier les risques potentiels
Prévenir les risques, c’est planifier, s’informer, s’équiper, entretenir son vélo, respecter ses limites et communiquer en groupe pour une pratique à la fois libre et sécuritaire.
La gestion des risques vise à réduire la probabilité et la gravité des incidents à vélo, notamment lors de randonnées sur des sentiers ou en milieu plus éloigné. Pour cela, il faut être en mesure d’identifier les facteurs de risque, c’est-à-dire tout élément qui accroît la probabilité qu’un dommage survienne ou en aggrave les conséquences.
Les facteurs de risque externes : l’environnement
La cohabitation avec la circulation routière demeure importante, surtout près des voitures, des camions et des véhicules stationnés. En campagne, les véhicules agricoles sont larges et nécessitent de l’espace pour manœuvrer. Les infrastructures peuvent piéger les cyclistes: bretelles d’accès, chaussées dégradées, obstacles d’aménagement, descentes raides, absence d’accotements et limites de vitesse élevées.
La météo fait évoluer la situation en quelques minutes en jouant sur la visibilité, l’effort et le confort; la chaleur, le froid, l’état des surfaces, le vent et les précipitations exigent des ajustements. La consultation des bulletins météorologiques et des avis émis par les réseaux cyclables permet de choisir une sortie et un itinéraire adaptés.
En milieu naturel, les chiens en liberté, les insectes piqueurs, les tiques (Lyme), les plantes irritantes et le pollen constituent d’autres sources de risque. L’auto-inspection au retour demeure essentielle.
L’équipement mal entretenu ou inadapté au terrain ou à l’intensité des travaux accroît les risques de bris et de chutes.
Les facteurs de risque internes : personnes et dynamique de groupe
L’état physique (maladies, blessures, fatigue, inconfort) influe sur son jugement, sa lucidité et sa concentration. L’état affectif et les biais causés par la pression du groupe, la contrainte de temps, la confiance excessive, la pensée de groupe ou la fausse familiarité peuvent mener à de mauvaises décisions.
Finalement, un manque de connaissances ou de compétences techniques se traduit par une planification déficiente, des choix d’itinéraire inadaptés et une incapacité à réagir en urgence.
Le Réseau plein air Québec met à votre disposition des gabarits de plans de sortie et de mesures d’urgence à jour, adaptés à toutes les activités, contextes et niveaux de complexité en plein air. Le tout est accompagné de feuillets d’information pour en faciliter l’utilisation.
Réduire les risques au minimum
Avant de partir, s’informer sur le parcours, la météo, l’état des sentiers et les points d’intérêt utiles (boutiques de vélo, refuges ou abris, etc.). Bien que la plupart des réseaux proposent des informations factuelles sur leur site internet ou leur page Facebook, si vous traversez une zone d’exploitation contrôlée (Zec) ou un parc, vous devez communiquer avec les responsables pour connaître les conditions actuelles des sentiers ou du terrain.
Avant de partir, pensez à préparer un plan de sortie et à informer une personne de confiance de votre itinéraire, de votre heure de départ prévue et de celle de votre retour. Lui remettre également une carte du trajet ou un lien GPS. Le plan de sortie est particulièrement important lorsque vous partez en solo, même pour une courte randonnée! Pour ne rien oublier, voici un gabarit de plan de sortie.
Préparer un plan de mesures d’urgence (PMU) consiste à identifier les actions à prendre en cas d’urgence et à s’y préparer. Dans une pratique autonome, souvent éloignée des ressources externes, où vous êtes entièrement responsable de votre sécurité, un PMU détaillé devient essentiel, car vous risquez d’être votre seule ressource en cas d’urgence. Le PMU vient préciser les ressources à joindre ainsi que les procédures à suivre selon l’urgence. Pour ne rien oublier, voici un gabarit de plan de mesures d’urgence.
Avant de partir, il est primordial de vérifier la couverture cellulaire tout au long de l’itinéraire afin d’être en mesure d’appeler à l’aide, au besoin. En fonction de la durée, prévoir une communication en zone blanche (secteur où aucun réseau cellulaire terrestre n’est disponible) grâce à une balise GPS ou à une messagerie satellitaire, comme Garmin inReach ou autre. Avoir le nécessaire avec soi pour faire face à des bris mécaniques, à une blessure, à une météo changeante ou à des enjeux de ravitaillement. Toujours avoir son itinéraire à portée de main en téléchargeant une version hors ligne sur son téléphone ou en imprimant une carte si vous partez dans une zone où le réseau est indisponible.
Quoi faire en cas d’accident ?
Connaître les bases en mécanique de vélo
Savoir réparer une crevaison, remettre ou réparer une chaîne, ajuster un dérailleur peut faire toute la différence entre rentrer à vélo ou à pied. N’hésitez pas à suivre un atelier ou à regarder des tutoriels avant vos premières sorties.
Notions de premiers soins
Avoir quelques connaissances aide à garder votre sang-froid et à intervenir efficacement après une chute ou une blessure. Une formation de base est un excellent investissement, mais à défaut d’avoir le temps d’en suivre une, informez-vous des bons réflexes à adopter.
Pouvoir communiquer en cas d’urgence
Garder toujours les appareils électroniques chargés et à l’abri du froid afin de pouvoir appeler à l’aide en cas de besoin.