© Jonathan B. Roy
Territoires autochtones
Pour les Premiers Peuples, le territoire est bien plus qu’une simple étendue géographique ou une propriété foncière. Le lien au territoire dicte encore aujourd’hui la vision du monde et l’histoire des Peuples autochtones. Il est le pilier fondamental de leurs cultures, savoirs, traditions orales et modes de vie qui sont directement enracinés dans le paysage, les eaux et les saisons.
Onze (11) nations autochtones (10 Premières Nations et la Nation Inuite) habitent le territoire québécois. Ces Nations se divisent en plus de 55 communautés et entités territoriales. Différentes relations au territoire permettent d’appréhender leurs réalités :
- Un territoire ancestral (ou territoire traditionnel) désigne les terres, les eaux et les ressources occupées, utilisées et entretenues par des peuples autochtones depuis des temps immémoriaux, avant l’arrivée des Européens. Ces territoires sont profondément liés à l’identité, aux pratiques culturelles et aux modes de vie des communautés autochtones. Au Canada, certains droits ancestraux liés à l’utilisation de ces territoires sont reconnus et protégés par la Constitution canadienne.
- Une réserve est un terme hérité du régime colonial qui est utilisé pour désigner une parcelle de territoire appartenant à la Couronne, et réservée à l’usage d’une communauté autochtone. Bien qu’encore en usage dans le monde administratif et juridique, ce terme est péjorativement connoté.
- Une communauté autochtone est le terme à privilégier, il est employé pour désigner un lieu habité par un groupe de personnes vivant sur une parcelle de territoire et qui se reconnaît une appartenance familiale, culturelle et historique.
- Un établissement concerne une parcelle de territoire où réside une communauté autochtone, mais qui n’a pas de statut juridique de réserve administrée par le gouvernement fédéral. Ce terme est peu employé, encore une fois le terme de communauté est préférable.
- Une terre conventionnée fait référence aux conventions du Nord qui accordent aux Eeyou (Cris), Inuit et Naskapis des droits particuliers et certains usages exclusifs sur de vastes territoires nordiques.
Il est préférable de ne pas faire référence aux découpages administratifs hérités du régime colonial, mais plutôt de nommer précisément une communauté et sa Nation pour désigner son appartenance territoriale.
Ai-je le droit d'y circuler à vélo ?
Plusieurs communautés accueillent les visiteurs non membres et permettent l’accès à leur territoire aux cyclistes. Cela dit, ce sont les Conseils de bande qui détiennent l’autorité pour réglementer l’accès aux terres de réserve. En cas de doute, les sites Internet des communautés ou les bureaux touristiques locaux peuvent vous renseigner.
Gardez en tête que le tourisme au sein des communautés est un vecteur de rapprochement entre personnes autochtones et allochtones et offre de belles occasions de partages culturels lorsqu’elles permettent de valoriser les initiatives des membres des communautés.
Pour ce qui est des territoires ancestraux, il est fort probable que vous y circuliez déjà à vélo ! S’informer des communautés à proximité de vos itinéraires s’inscrit dans une démarche d’apprentissage respectueuse.
Où dormir ?
Tourisme Autochtone Québec fait la promotion de nombreuses initiatives d’expériences et d’hébergements touristiques locaux.
À moins d’une autorisation locale, le camping hors des sites désignés est à éviter au sein des communautés, afin de respecter l’importance des sites naturels. Les possibilités de camping peuvent être discutées avec les membres des communautés locales.
Autres considérations
Les Pow-Wow sont des rassemblements culturels ayant lieu chaque année, où les visiteurs allochtones sont souvent les bienvenus ! Organisés à travers le Québec de mai à septembre, ils offrent de belles occasions de découvrir à vélo une communauté située à proximité de chez soi. Pour connaître les modalités de ces évènements, consultez le calendrier de la Route des Pow-wow de Tourisme Autochtone Québec.

