Point de vue : avril 2014

Code la sécurité routière : une mise à jour s’impose

Il y a quelques semaines, un juge de la Cour supérieure a créé un précédent en condamnant un cycliste de Longueuil à 1000 $ d’amende pour une conduite « mettant en péril la sécurité ou la vie des personnes » — il avait brûlé un feu rouge. Cet article de loi n’avait jamais été utilisé pour pénaliser un cycliste. Cette nouvelle a fait bondir d’indignation la communauté cycliste avec raison quand on sait qu’un automobiliste qui frappe un vélo en ouvrant négligemment une portière est passible d’une amende de 30 $. Si l'emportièrage (dooring) ne met pas en péril la sécurité ou la vie des personnes, je me demande comment interpréter le décès de deux cyclistes l’été dernier à Montréal en pareilles circonstances!

Il y a des années que Vélo Québec réclame une révision du Code la sécurité routière pour éliminer des aberrations comme celle-ci. Le code n’a pas été revu en profondeur depuis 1979, et il manque de précision pour s’appliquer à l’espace urbain qu’occupe maintenant le vélo. En Ontario, dans une nouvelle loi pour améliorer la sécurité routière, l'emportièrage est passible d’une amende variant de 300 $ à 1000 $. De plus, les véhicules doivent maintenir une distance d’un mètre lorsqu’ils doublent des vélos. Il s’agit justement du type d’amélioration au Code de la sécurité routière que Vélo Québec réclame depuis des années.

Avec le printemps, les cyclistes retrouvent leur liberté de circuler en ville. Mais cette liberté ne signifie pas que tout est permis sur la chaussée. En fait, ne pas respecter les règlements est la meilleure façon de détruire la crédibilité des cyclistes en plus de risquer de causer des accidents. Vélo Québec est d’accord à ce qu’on sanctionne les comportements cyclistes dangereux, ex. : brûler un feu rouge, mais nous demeurons vigilants pour nous assurer que les policiers ne s’emballent pas trop à faire respecter des articles caducs de la loi ou qui ne s’appliquent pas aux vélos d’aujourd’hui. L’an dernier, nous n’étions pas loin du vaudeville à Montréal, quand des policiers en embuscade interceptaient des cyclistes pour différentes raisons, comme celle d’un vélo dépourvu des réflecteurs prévus par la loi, et ce, sans tenir compte de l’éclairage actif et des bandes réfléchissantes utilisés par le cycliste. Il est grand temps que Québec mette à jour son Code de la sécurité routière afin de donner une définition claire et précise de ce qui est réellement dangereux pour autrui.

Bon début de saison.

Suzanne Lareau
Présidente-directrice générale