Retour sur Velo-city 2026

Le 25 juin 2026

La semaine dernière, deux collègues de Vélo Québec et moi avons eu le privilège de participer à Velo-city 2026 à Rimini, en Italie, au sein d’une importante délégation québécoise.

Pour celles et ceux qui la connaissent moins, Velo-city est la plus importante conférence internationale consacrée au vélo et à son rôle dans le développement des villes et des territoires. Depuis plus de quarante ans, elle rassemble des élus, des professionnels, des chercheurs, des organismes et des entreprises qui partagent une conviction commune : le vélo est un puissant levier pour améliorer la mobilité, la santé, l’environnement et la qualité de vie.

Pour le Québec, cette conférence revêt une signification particulière. En 1992, Montréal accueillait Velo-city dans ce qui demeure un moment fondateur de notre histoire cyclable. Cet événement a contribué à renforcer la capacité d’action de Vélo Québec, à faire connaître le Plan du Québec cyclable et à accélérer le développement des réseaux qui mèneront notamment à la création de la Route verte. Plus largement, il a permis au Québec de s’inscrire dans un réseau international d’échange et d’innovation dont nous continuons de bénéficier aujourd’hui.

Trente-quatre ans plus tard, c’est un Québec fort des apprentissages et du travail de plusieurs décennies qui s’est présenté à Rimini. Une délégation de plus de vingt personnes s’y est réunie pour apprendre, partager, développer des collaborations et faire des affaires. Cette présence témoigne de la maturité de notre écosystème et de la place que le Québec occupe désormais dans les discussions internationales sur le développement du vélo. 

La participation du maire de Québec, Bruno Marchand, a également marqué cette édition. Au-delà de sa présence aux panels, il a multiplié les rencontres bilatérales avec des acteurs du monde entier afin de promouvoir la candidature de Québec pour accueillir Velo-city 2029. Ces échanges ont aussi été l’occasion de présenter les progrès réalisés par la Ville de Québec au cours des dernières années, de discuter des défis auxquels nos villes sont confrontées et d’apprendre des expériences menées ailleurs.

Parmi les nombreux sujets abordés cette année, un thème revenait régulièrement dans les discussions : le phénomène du « bikelash », cette opposition parfois vive qui accompagne les projets cyclables et les transformations urbaines.

Ce qui m’a frappé, c’est que plusieurs intervenants ont rappelé que cette opposition est souvent portée par une minorité particulièrement mobilisée et visible. Dans bien des cas, le débat ne porte pas réellement sur le vélo lui-même, mais sur la peur du changement et sur les inquiétudes qu’il peut susciter. Les villes qui transforment leur espace public, réaménagent leurs rues ou rééquilibrent le partage de l’espace doivent composer avec cette réalité.

Lors d’un panel, Bruno Marchand a partagé une réflexion particulièrement pertinente en s’appuyant sur les travaux de John Kotter en gestion du changement. Son message était simple : le défi n’est pas seulement de concevoir de bons projets, mais aussi d’accompagner les citoyens dans la transition. Cette perspective m’apparaît particulièrement importante à un moment où de nombreuses villes cherchent à transformer leurs milieux de vie, à améliorer la sécurité des déplacements et à répondre à des attentes croissantes en matière de qualité de vie.

Les échanges à Rimini ont également permis de constater à quel point l’expertise développée par Vélo Québec continue de susciter l’intérêt de nos collègues internationaux. Qu’il s’agisse de nos programmes d’éducation, de nos propositions de politiques publiques, de notre travail sur les aménagements cyclables ou encore du développement du tourisme à vélo, notamment à travers Le Québec à vélo, les réalisations québécoises ont fait forte impression. À plusieurs reprises, j’ai constaté une réelle curiosité pour notre approche et une reconnaissance du travail accompli au cours des dernières décennies.

C’est précisément pourquoi ces rencontres internationales demeurent aussi importantes. Elles nous permettent de découvrir les innovations qui émergent ailleurs dans le monde, mais elles nous offrent également l’occasion de mesurer le chemin parcouru. Elles nous rappellent que les progrès réalisés au Québec ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un travail collectif mené sur plusieurs décennies.

En regardant vers l’avenir, la candidature de Québec pour accueillir Velo-city 2029 prend tout son sens. Comme l’a démontré Montréal en 1992, l’héritage d’une telle conférence dépasse largement l’événement lui-même. Les idées, les collaborations et les ambitions qu’elle fait naître peuvent avoir des retombées durables. Plus que jamais, nous devons être présents à ces rendez-vous, échanger avec nos pairs, confronter nos idées et ramener ici ce qui fonctionne ailleurs pour continuer à faire avancer le vélo au Québec.

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